Le carnet

Volcan · Sud

Le Piton de la Fournaise
par le Pas de Bellecombe

Descendre dans l’enclos, traverser la plaine de lave, poser la main sur la roche encore tiède du monde qui se crée. La plus grande marche du Sud — celle qui laisse une trace.

Pour qui MarcheursDès 10 ans, bon souffle
Durée réelle 5 h 30Trajets compris
Difficulté Soutenue11 km, +530 m
Prix GratuitGuide dès 45 €
Meilleur moment 6 h – 10 hAvr. → nov.
Météo requise Ciel dégagéEnclos non brumeux
Point de départ Pas de BellecombePlaine des Sables

La route pour y arriver est déjà un voyage. On quitte la forêt, on grimpe, et d’un coup le décor bascule : la Plaine des Sables s’ouvre, rouge et lunaire, sans un arbre. Beaucoup s’arrêtent là, croyant avoir tout vu. Ils n’ont encore rien vu.

Le sentier commence au Pas de Bellecombe, ce belvédère posé au bord de l’enclos Fouqué. En bas, à plus de deux cents mètres, s’étale la caldeira : une plaine de lave figée où le volcan a écrit son histoire, coulée après coulée. La descente se fait par un escalier taillé dans la roche, un peu vertigineux au réveil. Puis on marche sur la lave elle-même, en suivant les marques de peinture blanche qui balisent le passage.

Comment on y va

Depuis Saint-Pierre, comptez environ 1 h 30 de route : on remonte par Le Tampon, la Plaine des Cafres, puis la route forestière du volcan jusqu’au parking du Pas de Bellecombe. Partez tôt — vraiment tôt. À La Réunine, le volcan se couvre presque chaque après-midi : la mer de nuages remonte de la côte et noie l’enclos dans le brouillard. À 6 h, la lumière est rasante et l’air est pur. À 13 h, on ne voit souvent plus rien.

Sur place, pas de commerce, pas d’eau, pas de réseau une fois dans l’enclos. On emporte deux litres d’eau par personne, un coupe-vent, de bonnes chaussures fermées et de quoi grignoter. Le soleil tape fort en altitude, même quand il fait frais : chapeau et crème solaire ne sont pas négociables.

Ce qu’on ressent

Il y a un moment, à mi-parcours, où le silence devient total. Plus de vent, plus d’oiseaux — juste le craquement de la lave sous les semelles, comme du verre. On avance vers le cratère Dolomieu, cette bouche béante de mille mètres de diamètre, et l’échelle des choses vous dépasse. On se sent minuscule, et étrangement à sa place. C’est une marche qui rend humble.

Le retour se fait par le même chemin — et la remontée de l’escalier, en fin de matinée, rappelle les mollets à l’ordre. Mais on en ressort différent, avec cette poussière rouge sur les chaussures qu’on n’a plus tellement envie de nettoyer.

Alternative en cas de pluie

Le volcan est bouché ? Cap au sud sauvage.

Si l’enclos disparaît sous les nuages — ça arrive une fois sur trois — ne montez pas pour rien. Redescendez vers Bois-Court et son point de vue sur le village fantôme de Grand Bassin, souvent dégagé quand les hauts sont pris. Ou filez plus bas encore, vers la côte du Sud sauvage entre Saint-Joseph et Grand Anse : la pluie y est plus rare, et les paysages de lave qui plongent dans l’océan valent le détour.

Un dernier mot : consultez toujours le bulletin de l’Observatoire volcanologique avant de partir. En période d’éruption, l’enclos peut être fermé au public du jour au lendemain — et c’est alors un autre spectacle qui s’offre, de nuit, depuis les points de vue de la route.

En images

La plaine de lave figée de l'enclos Fouqué au lever du soleil
L’enclos, à l’heure où la lumière est encore basse
Les pentes sombres et minérales du volcan sous un ciel changeant
La Plaine des Sables
La mer de nuages qui remonte vers le cratère en fin de matinée
Les nuages, vers 11 h

Le carnet Kayambe

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